La soirée du 14 Mai 2013 a connu un réel succès au Théâtre Mohammed Saïd Afifi d’El Jadida, tant par la prestation des acteurs de la compagnie «Al Kinae Al Azrak d’El Jadida», que par les applaudissements des spectateurs présents.
Sous l’égide du Théâtre National Mohammed V, et à l’occasion de la journée nationale du Théâtre, mardi 14 Mai 2013, vers 21H, au Théâtre Mohammed Saïd Afifi d’El Jadida, la compagnie «Al Kinae Al Azrak d’El Jadida» a proposé un spectacle de qualité. C'était la première fois que cette compagnie Jdidie produisait ce spectacle au Théâtre Mohammed Saïd Afifi d’El Jadida. Et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il est déjà abouti et nous a rappelé le bon vieux temps de l’âge d’or du Théâtre Jdidi!
Dans la pièce de théâtre « Roule maândou bagage (Roule, il n’a pas de bagage !) » de Salah Mdiji, El Mostafa Jelbi et Abderrahim Nesnassi, on retrouve aisément les farces satiriques à partir desquels les auteurs ont construit leur pièce, en opérant un montage qui les porte sur un fil de continuité et réactive leurs significations.
En œuvrant ainsi, les auteurs inscrivent d’emblée cette nouvelle pièce satirique dans une conception de mélange entre le théâtre populaire et le théâtre Hakawati qu’ils ont largement exploité soit un théâtre qui s’inspire fortement du patrimoine expressif populaire.
Ainsi, « l’art de Labsate », qui est bien enracinée dans notre terroir, et les autres expressions ne sont pas tombés dans l’oubli dans la nouvelle création de la troupe Al Kinae Al Azrak d’El Jadida. Ces formes se retrouvent tout au long du texte théâtral. Elles en sont pourtant partie intégrante. Qu’elles soient présentées comme virtualité de mise en scène ou clairement citées, leur rôle est toujours important car ce sont elles qui permettent de percevoir que deux espaces théâtraux sont emboîtés : un espace ancien, que les formes expressives populaires reprises mettent au jour, et un espace contemporain animé par des personnages à dimension humaine, les mêmes tenant un rôle et un autre. Et, c’est le décor ou la gestuelle, la dance populaire et l’expression corporelle, le verbe et les mimiques des personnages, ou encore les situations qui signalent la présence inattendue d’un théâtre satirique référentiel qui télescope l’autre scène.
Quant à l’espace scénique de toute la pièce, il peut être saisi comme oscillant entre espace perceptible et espace sous-jacent. D’autres donnés du texte confortent l’hypothèse que notre cas de figure est celui du « théâtre dans le théâtre ». Si nous nous penchons sur le scénario, les thèmes, nous constatons en effet qu’il existe une analogie certaine entre les canevas du théâtre de « Labsate » et certains passages de « Roule maândou bagage ».
Pour conclure, disons que les cinq comédiens ont su nous présenter avec humour et joie de jouer cette pièce. L'intrigue, mise en valeur par un «El Mostafa Jelbi» tonitruant, -et encore « fi naharou » comme on dit-, a su retenir les spectateurs et les épater et ceux-ci sont sortis ravis de cette représentation. Évidemment, El Mostafa Jelbi, Abderrahim Nesnassi, Abdelkrim Tarda, Noureddine Jeddade et Abdellah Moufkari, les acteurs phares de cette compagnie ont même su faire, sur scène, un spectacle de haute facture. Mais il faut signaler que la jeune Itimad Mdiji a montré une nouvelle fois dans cette pièce qu'elle joue dans la cour des grands. De la sensibilité de la drôlerie. Bonne chance à cette jeune et talentueuse actrice qui a su s’imposer sur et a démontré avec talent qu’à El Jadida, ce ne sont pas les talents qui manquent, il suffit de les soutenir et de les encourager au lieu de faire appel à d’autres étrangers à la ville.
Bref, c'était « Roule maândou bagage » dans la salle Théâtre Mohammed Saïd Afifi d’El Jadida qui retentissait encore des éclats de rire des spectateurs même après le spectacle. Mais il faut signaler qu’il y’a encore des retouches à faire et un plus à ajouter tout en faisant attention à quelques moments de monotonie et « le bayade »(vide) pour que le spectacle soit sans faille du point de vue enchainement et technique. N’est pas chers Abderrahim Nesnassi et El Mostafa Jelbi! Souhaitons que cette pièce soit programmée plusieurs fois à El Jadida pour que tous les Jdidis « se régalent » car c’est un spectacle à ne pas rater sous aucun prétexte.
